February 4, 2026

Filmer une interview a l’air simple : on pose une caméra, on appuie sur “REC”, on parle. En réalité, c’est l’un des formats les plus exigeants, parce qu’il ne repose pas sur des effets… mais sur la crédibilité. En tant que vidéaste, ton image et ton son portent le propos de l’intervenant : si l’audio est moyen, si le cadre est maladroit, si la lumière “fait amateur”, le spectateur doute — même si l’expert dit des choses brillantes.
Bonne nouvelle : une interview vraiment pro ne dépend pas d’un gros budget. Elle dépend surtout d’une méthode. Et la règle la plus rentable à retenir (validée sur le terrain) : 80% de la réussite se joue avant d’appuyer sur enregistrer. Dans cet article, tu vas apprendre à préparer et mettre en scène une interview avec une approche “production” (repérage, intention éditoriale, décor, cadrage, lumière, son, direction), plus une routine de tournage et des astuces de montage pour un rendu propre, fluide et crédible.
Une interview n’est pas “juste une discussion filmée”. C’est un contenu avec un objectif : informer, convaincre, émouvoir, rassurer, recruter, vendre, documenter. Ton intention détermine ensuite le ton, le lieu, la mise en scène, et même la manière de monter.
Avant le repérage, pose ces 3 questions :
👉 Exemple : si l’objectif est un témoignage émotionnel, tu chercheras un décor plus intime, une lumière douce, un cadre plus rapproché. Si l’objectif est une expertise technique, tu privilégieras un décor “contexte métier”, une image très lisible, et des insertions B-roll (outil, écran, gestes, environnement).
Prépare une trame en 3 niveaux :
Astuce montage ultra-pro : la “phrase complète”
Demande à l’intervenant d’intégrer la question dans la réponse.
Au lieu de : “Rouge.” → “Ma couleur préférée, c’est le rouge.”
Résultat : tu peux couper tes questions au montage sans perdre la compréhension, et ton contenu devient autonome (parfait pour les extraits courts).
Pour savoir comment maîtriser le rythme d'un montage vidéo en 4 piliers, lisez cet article.
Le repérage (scouting) n’est pas une option. C’est ce qui te permet d’anticiper 90% des problèmes : lumière, bruit, espace, arrière-plan, logistique.
Erreur fréquente : coller le sujet au mur.
Solution : laisse de l’espace entre le sujet et l’arrière-plan. Plus tu éloignes ton sujet du fond, plus tu peux obtenir un arrière-plan légèrement flou (selon ton optique), ce qui :
Le spectateur pardonne une image moyenne. Il ne pardonne pas un son mauvais.
Pendant le repérage :
👉 Une église, un hall, une pièce carrelée : souvent pièges à réverbération. Si tu n’as pas le choix, pense “traitement léger” : tapis, rideaux, coussins, bibliothèques, panneaux acoustiques mobiles.
Une pièce peut être parfaite à 10h… et ingérable à 16h (contre-jour, soleil rasant, ombres dures).
Repère :
Objectif : ne pas perdre de temps et avoir des plans de secours.
Idéalement :
👉 Règle d’or : le micro doit être le plus près possible de la source sonore.
En interview, vise un placement des yeux proche de la ligne supérieure des tiers. C’est l’endroit où le regard du spectateur “s’attend” à trouver les yeux.
Ne centre pas systématiquement le sujet en paysage.
Laisse un espace du côté du regard : ça crée une respiration et évite l’impression que le sujet “regarde hors champ”.
👉 Si tu filmes en vertical (9:16) pour réseaux, tu peux assumer un cadrage plus centré. En horizontal, le looking room est souvent plus naturel.
C’est une clé souvent ignorée… et pourtant visible immédiatement à l’écran.
Créer une géométrie entre :
Placer l’intervieweur trop loin de l’axe caméra : le sujet doit trop tourner la tête, on voit davantage le blanc de l’œil, et l’audience a l’impression que la personne “regarde ailleurs” (connexion plus faible, rendu moins flatteur).
Tu n’as pas besoin de matériel cinéma haut de gamme. Tu as besoin de logique.
Place le sujet près d’une fenêtre : la lumière naturelle devient ta key light.
Mais évite de placer le sujet dos à la fenêtre (contre-jour ingérable), sauf effet volontaire (silhouette, anonymat).
Le micro-cravate est souvent le meilleur choix, mais attention :
👉 Monitore toujours au casque : c’est ton assurance qualité en temps réel.
Avant de démarrer, enregistre 30 secondes de silence ambiant (le bruit réel de la pièce).
Ça sert à :
Oui, souvent tu peux l’atténuer fortement avec des outils de réduction de bruit. Certains logiciels (ex. fonctions avancées d’isolation de voix selon version) permettent de doser l’effet, mais le mieux reste : bien capter à la source.
Une interview réussie, c’est aussi une relation humaine : ton rôle est d’obtenir des réponses exploitables, fluides, et sincères.
Hoche la tête, souris, encourage — mais évite les “hum hum”, “oui”, “exactement” pendant que l’autre parle.
Ces interjections se chevauchent à la voix et compliquent énormément le montage. Règle simple : quand l’intervenant parle, personne d’autre ne parle.
Garde un contact visuel bienveillant : tu aides l’intervenant à rester naturel et à ne pas “chercher la caméra”.
Pour des B-rolls : plans de coupe, matière visuelle, rythme, preuve “coulisses”. C’est très utile pour éviter une interview trop monotone.
C’est ici que ton mot-clé secondaire prend tout son sens : apprendre à filmer et monter des vidéos, c’est apprendre à penser “tournage + montage” comme un seul process.
Même en format long, les sous-titres (ou au minimum des “mots-clés à l’écran”) augmentent la compréhension et la rétention, surtout sur mobile.
Cette routine évite une majorité d’erreurs.
Qu’est-ce qu’un vidéaste doit absolument préparer avant une interview ?
L’intention éditoriale (message + audience), les questions (avec réponses en phrases complètes), le repérage (son + lumière + espace) et une checklist matériel avec solutions de secours.
Quel est le meilleur micro pour filmer une interview ?
Le micro-cravate est souvent le plus fiable : proche de la bouche, discret, et il isole bien la voix des bruits ambiants. Un micro canon peut compléter si bien placé.
Comment rendre une interview plus professionnelle sans gros budget ?
En travaillant la mise en scène : profondeur de champ (sujet éloigné du fond), cadrage (règle des tiers + looking room), triangulation du regard, et éclairage 3 points (même simplifié).
Peut-on filmer une interview professionnelle avec une seule caméra ?
Oui. Une seule caméra suffit si le son est excellent, la lumière propre, le décor maîtrisé et le cadrage stable. Tu peux dynamiser au montage via recadrages et B-roll.
Pourquoi enregistrer 30 secondes de “silence” avant l’interview ?
C’est le room tone : il sert à détecter des bruits parasites et à combler des coupes au montage pour garder un son naturel et continu.
Comment éviter que l’interview soit monotone ?
Prévois des plans de coupe (B-roll), varie légèrement les valeurs de plans (ou angles si 2 caméras), et structure le montage avec un hook, des exemples concrets et une conclusion actionnable.
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